Kaouther JALLAZI (Kassou)

Artist

Depuis l’aube des temps et les premiers balbutiements artistiques, l’art s’est inventé grâce au matériau. Qu’il soit silex à gratter sur la surface pariétale, pointe d’argent et « carta tinta » si chères à la Renaissance, ou enfin, toute la panoplie qu’offre et permet l’industrie moderne et souvent ses déchets de matériaux, recyclés grâce à la pierre philosophale de l’artiste et anoblis par le génie créateur et innovant de ce dernier.

La démarche de Kaouther « Kassou » Jellazi, singulière, s’inscrit dans cette conscience intelligente qu’elle entretient avec le matériau. L’œuvre de Kassou brise le carcan de la bidimensionnalité et crée ses propres lois du volume qui enfreignent les codes et la coutume artistiques. 

 Ici, l’œuvre ne se repose pas exclusivement sur la trouvaille et ne paresse nullement sur le « truc ». Elle tire sa puissance et l’ardente sensibilité qu’elle arrive à transmettre, d’un talent construit patiemment et passionnément tout au long d’une vie d’artiste, de chercheuse et d’enseignante, vouée comme les prêtresses de Vesta, à l’entretien du feu sacré de son temple d’art.

Le corps… les corps de « Kassou » sont cartographiés davantage dans la dimension de la psyché que celle anatomique. Certes, cette vision « psychédélique » du corps appartient à une vaste école d’artistes, tels Bacon, Schiele ou encore Lucian Freud, mais la sublime Kaouther « kassou » Jellazi, sait le dire autrement, à sa manière, à la manière des grands initiés. 

Le fil que tisse « Kassou » tout autour et parmi ses corps, nous entraîne dans la toile arachnéenne qu’elle brode, nous invitant à voir autrement en nous-mêmes et dans l’autre.